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Par Luc Dartois et Jean-Bernard Pillet Le premier timbre du monde apparaît en 1840 en Grande-Bretagne grâce à Sir Rowland Hill. Il matérialise une taxe de transport et permet la simplification des tarifs postaux. D’autres grandes nations lui emboîtent le pas, notamment la France, le premier janvier 1849 avec le 20c noir Cérès (déesse de l’agriculture) gravé par Jacques-Jean Barre. La philatélie (du Grec philos : amis et ateliea : taxe acquittée) fait ses premiers pas dès les années 1860 pour rapidement devenir un loisir (une passion) partagé par des millions de collectionneurs, autour de ce petit objet de papier, « une vignette » qui est en fait une réelle œuvre d’art miniature. De là va naître une tradition de la gravure de timbres-poste, en taille-douce, avec de grands dessinateurs et graveurs tels que Slania, Gandon, Piel, Degorce, Cheffer, Decaris (et tant d’autres) jusqu’à plus récemment Pierre Albuisson qui perpétue et défend l’usage de la taille-douce, l’art de sculpter le timbre. Le timbre c’est l’art de remonter le temps en parcourant l’histoire. Des Egyptiens aux Jeux Olympiques de Sydney, de l’art antique au Front Populaire de 1936, tout le patrimoine historique français est évoqué à travers le timbre-poste.
Vous suivez le siège de Paris heure par heure avec les Ballons Montés ou les Ballons Gravilliers, la Libération de la France en 1944-45 et tant d’autres événements. Non seulement le siècle se déroule sous vos yeux, mais c’est toute l’histoire du monde qui est face à vous. De la même manière, le timbre c’est l’art de se remémorer. Qui, à part un philatéliste (ou un érudit) se souvient de Renouard de Villayer (créateur de la petite Poste en 1653), de Renée Levy (Résistante) ou de l’Enfant à la Grappe (sculpture de David d’Angers) ? En collectionnant les courriers accidentés, les timbres de poste aérienne ou les premiers vols, on se souvient de l’épopée héroïque des grands aviateurs. En collectionnant les timbres des Dom-Tom on se souvient ou on découvre le patrimoine culturel de ces Français d’outremer. Le timbre est donc aussi un gardien de la mémoire. Le timbre c’est aussi l’art de collectionner les arts.
Le timbre c’est l’art d’investir ! Le timbre est un bon outil (moins spéculatif que la bourse) de création, de valorisation et de transmission de patrimoine, qui n’entre pas dans le barème de calcul de votre ISF. Le timbre c’est l’art de communiquer. Donc on le voit bien, le timbre, œuvre d’art miniature, permet tout en valorisant son patrimoine, d’aborder tous les arts, tout en n’oubliant pas, l’art… de se faire plaisir !
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